Lettre ouverte à M.le ministre Dianté : Votre présentation de la situation des agents licenciés de la CDC est erronée

Mbourtv – société :

LETTRE OUVERTE
À Monsieur Mamadou Lamine Dianté
Ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public
Dakar, le 21 octobre 2026

Objet : Votre présentation de la situation des agents licenciés de la CDC est erronée

Monsieur le Ministre,

Le Collectif des Agents Licenciés de la CDC – Groupe (CAL / CDC-Groupe) a pris connaissance de vos déclarations relatives à la situation des agents licenciés de la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et de sa filiale CDC-Habitat. Selon vous « la situation à la CDC est réglée, parce que les agents ont été indemnisés »

Nous vous exprimons Monsieur le Ministre notre profond étonnement face à des propos qui présentent cette affaire comme un simple « départ négocié », alors qu’ils ne reposent, à la connaissance du Collectif, sur aucun élément factuel communiqué aux agents concernés et qu’ils ont été tenus sans que leurs représentants aient été préalablement entendus.

Une telle présentation est d’autant plus surprenante qu’elle émane d’une autorité ministérielle chargée du Travail et du Dialogue social. Avant de qualifier la situation, il aurait été nécessaire d’écouter les travailleurs licenciés, d’examiner leurs pièces et de confronter les différentes versions des faits.

Des faits contestés par les agents
À la CDC-Habitat (filiale de la CDC), les agents déclarent avoir été informés verbalement, le 8 janvier 2025, de la résiliation de leurs contrats à durée indéterminée. Les 9 et 10 janvier 2025, un protocole de séparation à l’amiable leur aurait été présenté sans négociation préalable réelle, dans un contexte de pression et avec un délai insuffisant pour consulter un conseil.
À la CDC (maison mère), après l’annonce d’un plan social via les réseaux sociaux, le 6 février 2025, des agents ont été convoqués individuellement à partir du 7 février. Ils affirment avoir été invités à signer un protocole de départ présenté comme non négociable, sous peine de licenciement pour motif économique.

Dans ces conditions, le Collectif conteste fermement la qualification de « départ négocié ». Une négociation suppose un consentement libre, une information complète, un délai raisonnable et la possibilité de formuler des contre-propositions.

Les violations dénoncées
Le mémorandum du Collectif relève notamment :

– La violation alléguée de l’article L.61 du Code du travail, concernant la réunion préalable avec les délégués du personnel et la recherche de solutions alternatives ;
-La violation alléguée de l’article L.62, relatif à l’ordre des licenciements et aux critères légaux de sélection ;
-La violation alléguée de l’article L.64, les protocoles n’ayant pas, selon les agents, été librement et loyalement négociés ;
-La violation alléguée de l’article 65 du statut du personnel de la CDC, concernant la notification et la communication des décisions et documents ayant fondé la procédure.

Le Collectif vous rappelle également que, dans une vidéo publiée le 28 septembre, M. Ibrahima Traoré, juriste et ancien président du comité chargé du plan social, affirme que la procédure de licenciement est illégale. Cette déclaration doit être examinée avec sérieux, puisqu’elle émane d’une personne ayant participé au processus.

Un étonnement renforcé par votre passé syndical

Notre étonnement n’en est que plus vif, considérant que votre parcours syndical, conjugué à votre fonction d’ancien Président du Haut Conseil du Dialogue Social (HCDS), vous prédispose naturellement à une lecture privilégiant l’écoute, la défense des travailleurs et la quête de solutions équilibrées.
Notre demande
Monsieur le Ministre, nous vous demandons de ne plus présenter publiquement cette affaire comme un départ négocié avant d’avoir entendu les agents et examiné les pièces du dossier.
Nous sollicitons une audience urgente afin de vous exposer directement les faits et de vous remettre les documents utiles. Nous demandons également l’ouverture d’un examen contradictoire de la procédure, la rectification de toute présentation fondée sur une information incomplète et la recherche d’une solution juste, incluant la réintégration des agents concernés et le rétablissement de leurs droits.
Le Collectif ne recherche pas la polémique. Il demande simplement qu’une autorité ministérielle ne se prononce pas sur le fond d’un dossier social sans avoir recueilli la parole de ceux qui en subissent directement les conséquences.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre haute considération.

Cheikh Sall Coordonnateur du Collectif des Agents licenciés de la CAL -CDC -Groupe

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