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Mbourtv – Politique – Contribution :Ousmane Sonko s’emmêle les pinceaux en voulant justifier l’injustifiable.

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Mbourtv – Politique – Contribution :Ousmane Sonko s’emmêle les pinceaux en voulant justifier l’injustifiable.

Devant une partie de la presse sénégalaise triée au volet, le Président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko s’est exercé le lundi 17 août 2026 à un jeu assez dangereux pour lui-même d’abord et pour notre chère République commune à toutes et tous.

Notre analyse va porter sur deux points essentiels de son face à face avec les journalistes. Le premier a trait à la déclaration de patrimoine et le deuxième aux fonds dits spéciaux ou secrets.

De la déclaration de patrimoine du Président de la République

La déclaration de patrimoine du Chef de l’État est encadrée par la Constitution du Sénégal toujours en vigueur depuis 2001, en son article 37 qui stipule : « Le Président de la République nouvellement élu fait une déclaration écrite de patrimoine déposée au Conseil constitutionnel qui la rend publique. »

Conformément à l’article 37 de la Constitution du Sénégal, le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye a déjà fait sa déclaration de patrimoine au lendemain de son élection à la magistrature suprême en mars 2024 et le Conseil constitutionnel l’a rendue publique.
Cependant, la déclaration et la publication du patrimoine du Président de la République en fin de magistrature suprême est un débat entretenu par Monsieur Ousmane Sonko et ses collègues parlementaires du parti Pastef qui ont formulé une proposition de loi qui, du reste, a été acceptée par le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye.

Par ailleurs, la proposition de loi des députés de Pastef semble fouler au pied les règles de gouvernance et de transparence dans la gestion des affaires publiques, en oubliant sciemment d’inclure dans la proposition de loi le Président de l’Assemblée nationale et même le Premier ministre. Ce qui demeure une incongruité au vu des rôles de premier plan que jouent ces deux personnalités de la République.

En effet, l’amendement au texte des députés de Pastef fait par le gouvernement, incluant le Président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre ne fait que renforcer les règles de gouvernance et de transparence dans la gestion des affaires publiques. Ainsi, pour ne pas subir l’ire des populations, après moult hésitations, ces députés se sont résignés à accepter ledit amendement. De même, ce qui conforte l’acharnement sur Son Excellence, le Président Bassirou Diomaye Faye, c’est que ces parlementaires ont voulu que ladite loi ne soit rétroactive et agisse seulement à partir de 2027, pour visiblement épargner l’actuel Président de l’Assemblée nationale et ancien Premier ministre Ousmane Sonko.

A la lecture de la proposition-amendement de la loi portant modification de l’article 37 de la Constitution, une chose est claire : c’est que le renforcement des règles de gouvernance et de transparence n’intéresse surtout pas les parlementaires de Pastef mais il est aussi évident que l’Assemblée nationale du Sénégal est devenue un outil de vengeance au sommet de l’État savamment orchestrée par l’actuel Président usurpateur qui, même à l’Assemblée nationale, nourrit toujours, dans son subconscient, l’idée de destituer le Président de la République brillamment élu avec 54% des suffrages valablement exprimés et le remplacer à travers un putsch constitutionnel ; ce qui demeure inconcevable dans une République où les citoyens votent depuis 1848.

Des fonds dits spéciaux ou secrets

Comme le nom l’indique, les fonds spéciaux ou secrets sont légalement régis par la loi et ne sont soumis à aucun contrôle et justification. Ils sont utilisés par l’autorité qui en dispose pour répondre aux besoins sociaux et de santé des populations qui en bénéficient. Le Président de la République détenteur de ces fonds en use pour des missions de secret défense, et a un pouvoir discrétionnaire d’assister des nécessiteux ou dans le cadre de la cohésion sociale nationale, de soutenir des identités religieuses de ce pays.

Avant l’accession au pouvoir de Ousmane Sonko, on se rappelle son interview avec l’activiste Abdou Karim Gueye dit « xrum xax » où l’actuel Président de l’Assemblée nationale parlait des fonds politiques ou spéciaux disant qu’ils étaient « Haram » (ne répondent pas aux règles d’éthique et de morale religieuse musulmane) et qu’une fois au pouvoir, il ne toucherait jamais à ces fonds et mieux encore, il les ferait supprimer.

Ce lundi 17 août 2026, répondant aux questions des journalistes, Ousmane Sonko a été doublement amnésique et a défendu qu’il avait des fonds spéciaux quand il était Premier ministre du Sénégal jusqu’en mai 2026, date de son limogeage de la primature par Son Excellence, le Président Basssirou Diomaye Diakhar Faye.
Oui amnésique parce que d’abord, à cause de ce qu’il disait des fonds spéciaux lors de son interview avec l’activiste cité plus haut, ensuite lors de son entretien avec la presse où il reconnait avoir bénéficié des fonds spéciaux à hauteur de 1 770 000 000 de FCFA en tant que Premier ministre, après avoir affirmé dans une de ses sorties publiques qu’il ne détenait pas de fonds spéciaux et avait même menacé de traduire en justice celui qui oserait dire le contraire.
Alors, auquel des Ousmane faut-il se fier ? A celui du 17 août ou bien à celui qui défiait quiconque lui imputerait des fonds spéciaux à la primature ; ou encore à celui de l’interview avec l’activiste Karim. Les psychologues et les psychiatres auraient parlé de cas clinique concernant ce sujet qui est constamment dans l’affabulation et la contradiction avec lui-même.

La plus rocambolesque de ses déclarations demeure la tentative de justification des fonds spéciaux du programme JAMM (Paix), dédié à la région naturelle de la Casamance, qu’il a géré et dont une partie de ces fonds dit-il a servi à acheter 27 véhicules d’occasion auprès de l’Office national de Recouvrement des Avoirs criminels (ONRAC) pour les agents de la primature, à hauteur de 900 millions et une autre qui a servi à la réhabilitation du Building administratif qui porte le nom du Président Mamadou Dia.

Nous allons analyser cet acte d’un point de vue technique et non politique.
En effet, vu le décret numéro 2021– 03 du 6 janvier 2021 relatif à l’acquisition de véhicules par l’administration, et vu le décret numéro 2022- 2295 du 28 septembre 2022 portant Code des Marchés publics, le Premier ministre Ousmane Sonko a commis trois fautes au moins.

La première est le détournement d’objectif qui constitue un manquement grave aux règles de gestion et de comptabilité publique. Car des fonds destinés à la résolution des problèmes économiques et de paix dans une région sont utilisés par le Premier ministre pour payer des voitures pour son personnel. Je rappelle, à la suite du Haut Représentant du Président de la République, Madame Aminata Touré, que ces crédits pourraient par exemple servir à déminer les terres de la Casamance ou l’activité économique a été au ralenti à cause l’enfouissement des mines antipersonnel.

Le second problème que l’acte du Premier ministre pose est une faute de gestion car l’argent de l’État a été utilisé pour acheter des véhicules d’occasion ; ce qui constitue un manquement grave au décret numéro 2021– 03 du 6 janvier 2021 relatif aux véhicules administratifs, interdisant l’achat de véhicules d’occasion au sein de l’administration en son article 24.

Enfin, la troisième faute de Monsieur Ousmane Sonko, Premier ministre est le manquement grave aux règles et procédures de passation des marchés publics.
En effet, le Code des Marchés publics, en son article 9 stipule : « Au cours de la phase de préparation des marchés, l’autorité contractante doit :

a) Évaluer le montant estimé des fournitures, services ou travaux, objet du marché et s’assurer de l’existence de crédits budgétaires suffisants ;
b) Obtenir, le cas échéant, les autorisations préalables auxquelles la conclusion du marché est soumise, sous peine de nullité, conformément au Code des Obligations de l’Administration.

Au regard de l’article 9 du Code des Marchés publics, les crédits utilisés pour l’achat des 27 véhicules et la réhabilitation du Building administratif n’existaient pas durant la procédure d’acquisition de ces fournitures et travaux. Car, pour que ces crédits existent, il aurait fallu les inscrire dans une ligne budgétaire dédiée au même programme et non à un autre destiné à la paix en Casamance.

Cela pose aussi la question des autorisations de la Commission de Contrôle technique des Véhicules administratifs (CCTVA) et de la DCMP (Direction centrale des Marchés publics) qui a en charge de donner un avis favorable ou défavorable concernant tous les marchés passés par entente directe, et c’est visiblement le cas avec l’ONRAC.

Ainsi l’article 76 du Code des Marchés publics qui traite des marchés passés par entente directe définit clairement les types de marchés qui doivent être passés par entente directe dont les conditions sont : la soumission des entrepreneurs ou fournisseurs à un contrôle des prix spécifiques durant l’exécution des prestations, la détention de droits d’exclusivité, le marché complémentaire exécuté initialement par voie d’appel d’offres, un marché lié à la sécurité nationale, un marché qui résulte d’une urgence impérieuse.

Donc selon le Code des Marchés publics, seuls ces types de marchés cités plus haut peuvent bénéficier de l’entente directe.
Par conséquent, il me semble que l’avis favorable de la DCMP pose un réel problème ici et en définitive, ce marché, s’il respectait les procédures de passation des marchés publics, devait être passé par appel d’offres ouvert ou à la limite l’autorité contractante, en l’occurrence le Premier ministre Ousmane Sonko devait obligatoirement recourir à la procédure de Demande de Renseignement et de Prix à Compétition Ouverte (DRPCO) et non à l’entente directe.

La même analyse pourrait être appliquée à la CCTVA qui, comme la DCMP, ne devait pas donner l’autorisation d’achat de ces véhicules d’occasion.
Ainsi, aussi bien le Premier ministre Ousmane Sonko, le Président de la CCTVA et le Directeur de la DCMP seraient fautifs si réellement les fonds spéciaux ont servi à acquérir lesdits véhicules et à réhabiliter le Building Administratif Mamadou Dia selon Ousmane Sonko.

Augustin Hamad Ngom
Consultant Sénior en Marchés publics
Formateur en Anglais spécialisé
Membre du Think Tank de Kiiraay- Les Patriotes républicains

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