Mbourtv – Politique : Le Sénégal traverse une période économique exigeante, mais plusieurs signaux récents montrent qu’une nouvelle dynamique est en train de se mettre en place.
Le 11 septembre, l’État a mobilisé 101,339 milliards FCFA sur le marché financier régional, pour une émission de 100 milliards, face à des soumissions atteignant 109 milliards FCFA. Cette opération traduit une capacité toujours réelle du Sénégal à mobiliser l’épargne régionale, malgré les défis liés à la dette et aux finances publiques.
En plus, le FMI et les autorités sénégalaises sont parvenus, le 1er septembre à un accord au niveau des services sur un nouveau programme de 36 mois d’environ 2,2 milliards de dollars, destiné notamment à accompagner les réformes, restaurer la viabilité de la dette, renforcer la transparence budgétaire et soutenir une croissance davantage tirée par le secteur privé.
Et les fondamentaux économiques montrent également des signes encourageants. L’économie sénégalaise a enregistré une croissance de 6,7 % en 2025, portée notamment par l’entrée dans sa première année complète de production pétrolière. Au premier trimestre 2026, la croissance hors hydrocarbures a rebondi à 4,7 % sur un an, tandis que l’inflation demeurait contenue à 1,4 %.
Ces éléments ne doivent toutefois pas conduire à l’euphorie. Le Sénégal reste confronté à une dette élevée, à des besoins importants de financement et à la nécessité de rétablir durablement la confiance. Le véritable enjeu est désormais de transformer ces signaux financiers en croissance réelle, en emplois et en création de richesses.
SOUVERAINETÉ NE SIGNIFIE PAS ISOLEMENT
Le Sénégal qui aspire légitimement à davantage de souveraineté ne peut pas, pour autant, choisir l’isolement économique.
Être souverain, ce n’est pas refuser les financements, les investissements, les partenariats ou l’expertise internationale. C’est être capable de négocier ses partenariats en fonction de ses intérêts nationaux, de maîtriser ses choix stratégiques et de faire en sorte que les ressources mobilisées servent prioritairement le développement du pays.
Le FMI, la Banque mondiale, la BAD, les investisseurs régionaux, les partenaires bilatéraux et les investisseurs privés ne doivent donc pas être perçus comme des alternatives à notre souveraineté, mais comme des leviers à mobiliser des ressources, de manière intelligente, dans le cadre d’une stratégie nationale maîtrisée.
LE PROCHAIN DÉFI : TRANSFORMER LES RESSOURCES EN OPPORTUNITÉS
La véritable réussite ne sera pas seulement de réussir à emprunter ou à restaurer la confiance des marchés. Elle sera de transformer chaque franc mobilisé en valeur ajoutée, en entreprise, en infrastructure productive, en compétence et en emploi.
Il faut désormais accélérer l’investissement dans les secteurs capables de créer massivement de la valeur pour notre jeunesse : agriculture et agro-industrie, pêche et transformation, élevage, numérique et intelligence artificielle, industrie, énergies, BTP, tourisme, économie verte et bleue, artisanat, logistique et services.
Ainsi, une attention particulière doit être accordée au secteur privé national, afin que les grands projets et les nouvelles chaînes de valeur bénéficient davantage aux entreprises sénégalaises, aux PME, aux startups, aux entrepreneurs et aux jeunes porteurs de projets.
Notre ambition doit être claire : passer d’une économie qui finance des dépenses à une économie qui finance davantage la production ; d’une jeunesse qui cherche un emploi à une jeunesse qui possède les compétences pour créer de la valeur, entreprendre et conquérir les marchés.
C’est à ce prix que la souveraineté économique prendra tout son sens.
Le Sénégal doit restaurer ses équilibres, consolider la confiance, attirer les investissements, soutenir son secteur privé et surtout transformer sa croissance en prospérité partagée.
C’est avec cette dynamique de responsabilité, de transformation et de souveraineté économique que nous devons accompagner le Président Bassirou Diomaye Faye.
Le temps n’est plus seulement à la mobilisation des ressources. Il est à leur transformation en emplois, en entreprises, en compétences et en richesses durables pour le Sénégal.
M.Djibril BA
Ingenieur Agroeconomiste
Financier
Doctorant én sciences economiques et gestion
President du mouvement PROGRES
Respồnsable Pole
communication CDP-KIIRAY THIES
