Mbourtv – Politique – Dette dite cachée : l’aveu d’Ousmane Sonko et le prix d’une parole d’État
Les récentes déclarations de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, reconnaissant ne pas
avoir disposé de « tous les leviers » pour obtenir l’annulation de la prétendue « dette cachée »,
constituent un aveu politique d’une portée exceptionnelle. Cet aveu interpelle profondément
tous ceux qui ont assisté, ces dernières années, à une campagne de dénonciation systématique
ayant largement contribué à fragiliser l’image économique et financière du Sénégal.
On ne saurait se réfugier derrière la posture d’un « simple Premier ministre » lorsque l’on a
occupé l’une des plus hautes fonctions de l’État. On est Premier ministre ou on ne l’est pas. Une
telle responsabilité impose la rigueur dans la parole publique, la maîtrise des faits et le sens des
conséquences.
Un homme d’État ne se proclame pas ; il se construit par la pratique du pouvoir, par la retenue,
par l’éthique de responsabilité et par le respect des institutions. Toute déclaration émise depuis
le siège du Gouvernement, en présence de hauts responsables de l’État, engage nécessairement
une responsabilité politique et institutionnelle.
Aujourd’hui, force est de constater que la rhétorique de la « dette cachée » continue de susciter
de nombreuses interrogations. Le président de la Cour des comptes lui-même a rappelé que
cette expression ne figure nullement dans le rapport officiel de février 2025, établi selon les
normes TOFE. Dès lors, les Sénégalais sont en droit d’exiger davantage de clarté et de vérité.
Depuis l’indépendance, sous l’autorité de Léopold Sédar Senghor, d’Abdou Diouf, de Maître
Abdoulaye Wade et de Macky Sall, notre pays a patiemment bâti une réputation de sérieux, de
stabilité et de crédibilité auprès de ses partenaires. Cette confiance, fruit de plusieurs décennies
d’efforts diplomatiques et économiques, constitue un patrimoine national qu’aucune controverse
politique ne devrait fragiliser.
Les conséquences d’une communication imprudente sur les marchés financiers, sur la confiance
des investisseurs et sur les perspectives économiques du Sénégal ne peuvent être minimisées.
Gouverner exige de mesurer la portée de chaque parole et de chaque acte.
Comme de nombreux Sénégalais, je considère que le moment est venu d’abandonner les
polémiques stériles pour engager une réflexion lucide sur la soutenabilité de notre dette et les
mécanismes de sa restructuration, conformément aux orientations défendues par Madame Anta
Babacar Ngom, Présidente du Parti Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC).
Plus que jamais, le Sénégal a besoin de sérénité, de responsabilité et d’un leadership capable de
restaurer pleinement la confiance, aussi bien à l’intérieur du pays qu’auprès de ses partenaires internationaux.
M. Pape Diallo
Coordonnateur départemental de Mbour
Membre du Secrétariat Exécutif National du Parti Alternative pour la Relève Citoyenne (ARC)